• Véronique Lanonne

PAPY

Ok, ok ! Y’en a marre de tout ce malheur ! On va nettoyer tout ça au karcher. À une époque de ma vie je me demandais combien de poids une âme humaine pouvait supporter. Je pensais petit. Je pensais kilo, il y a trente ans. Je pense en tonne à présent. Je suis toujours debout pis vous aussi, qu’ils en envoient encore, là-haut, je suis prête. Enfin, pas tout de suite. D’abord, je me pause dans ma lumière. Je respire dans l’unisson et après qu’ils balancent, je m’en fous.


Vous avez remarqué comme s’en foutre paraît souvent la meilleure des options ? Celle qui fait moins de ravage dedans ? Mon grand-père me disait : « la vie c’est comme une tartine de merde et on en mange un morceau tous les jours ». Je t’aime papy mais je préfère la confiture. Faut dire qu’il avait vécu la guerre, lui, contre des vrais gens, avec de vrais armes. Des méchants, des vilains qui voulaient voler nos terres et nos broussailles. Nous, aujourd’hui, on combat l’invisible mécréant, sans armes. Bah oui, sans armes. Mais je vais pas rentrer là-dedans. C’est pas le sujet.


Bref, papy, il a eu la vie dure. Papy, il a bouffé du rat pour survivre. Et moi des ortolans. Avant. Maintenant ça serait plutôt des boîtes de sardines et des pommes à l’eau. Comme quoi tout change. Il m’a toujours dit que l’évolution technologique causerait notre perte. Comme il a toujours dit que les hommes politiques étaient tous des vrais connards. Je l’aimais mon papy. Vous savez d’où vient ma gouaille à présent.


Je vais prendre l’option de m’en foutre parce qu’à bien y regarder j’en n’ai pas vraiment d’autres. Pis j’ai tendance à penser que mon grand-père était un putain de génie !



Véronique Lanonne @2021

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